Pierre Perrin : Têtes de chat sous l’étoffe

Têtes de chat sous l’étoffe
[un poème inédit]

Le soleil concassait les foins et les moissons.
Elle attendait sous le clocher en robe rouge.
On l’encerclait, les bras raidis au fond des poches.
Soudain, prenant ma main, elle ouvrit un chemin.

Le cri des supplantés leur resta dans la gorge.
L’air semblait de la sève. Au gré des bans d’odeurs,
Les oiseaux à tue-tête orchestraient un bonheur.
Ma main aux doigts serrés, je devenais aveugle.

Elle me trouvait beau. Qui pour la mettre en doute ?
Ses doigts fins râtelaient mes cheveux, ses poignets
Tout à coup sur les reins, la langue en mon palais,

Tout se mit à tanguer, tourner, verser, rouler.
Les oiseaux s’étaient tus – les goguenards aussi.
L’été, à ma rencontre, allait pleurer du sang.

Pierre Perrin [inédit]



Le poème lu à Buis-les-Baronnies par Élisabeth Montoussé [7 juin 2026]



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