Pierre Perrin : Un amour de lumière, sonnet du Temps gagné, 1988 1

Un amour de lumière
[un sonnet de Pierre Perrin]


J’aurais tant voulu vivre un amour de lumière
Et combler une femme à la fois mon amante
Et ma mère, avec qui, le jour, la nuit, liés
Tout n’eût été qu’espoir, partage et démesure.

Cette femme, un matin, est entrée dans ma vie.
Elle a souri, m’a pris la main, m’a entraîné
Sur ses pas, dans un lit, vers son âme avec grâce.
Par son corps et son rire, elle était l’avenir.

Naturelle, attentive, ingénieuse et secrète,
Elle se livrait nue comme on roule dans l’herbe ;
Elle ouvrait le mystère, agrandissait le temps.

Pourquoi tout a croulé ? Pourquoi a-t-il fallu
Que le bonheur explose, et revienne l’absence ?
Qui gouverne la vie sinon, partout la mort ?


Le Temps gagné, La Bartavelle éditeur, 1988.
Sonnet repris dans plusieurs anthologies par Jean Orizet



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