
Les
poèmes
[Vidéos marquées *]- À l’enfant
- À perte de monde
- Apocalypse
- Approche de la poésie
- Atelier [lu par M. Bertoncini]*
- Baudelaire, inédit chanté par Henri Franceschi
- Bonheur [le]
- Bourrasque inachevée [la]
- Celui qui vient à pas légers
- René-Guy Cadou
- Change [le]
- Cloison [la] [lu par C. Humbert]*
- Confiance [la]
- Couple moderne
- Criée de la conscience
- Crucifixion [chanté par Henri Franceschi*]
- Debout les morts [lu par P. P. vidéo 1,28 mm]*
- Douleurs muettes [chanté par Henri Franceschi*]
- Écart [L’]
- Élégie de l’avenir
- Éloge de la poésie
- Émile
- Enfant fou [l’]
- Évidence [l’] Lecture et musique par Bruno Lainé
- Éve quaternaire
- Femme aimée [la] chantée par Henri Franceschi*
- Firenze, inédit chanté par Henri Franceschi
- Force de l’ignorance [lu par C. Humbert]*
- Gestes absents [les]
- Gisant debout [lu par Pierre Perrin]*
- Haine en larmes [La], chanté par Henri Franceschi*
- Jeannot [le]
- Lumière d’hiver [lu par Véronique A.]*
- Marche à vie
- Métamorphose de la terreur
- Note sur l’écriture
- Parole éparse [la]
- Pendus avant l’aube [les]
- Jean Pérol [lu par P. Perrin, puis chanté par Henri Franceschi]*
- Plénitude [la]
- Poète [le]
- Poings lâchés comme des loups
- Précis pour une existence
- Présence de ma mère
- Prose pour un temps de mort
- Roule ma mère
- Rue hurle [la]
- Sève sous le gel [la]
- Silence fertile [le]
- Souvenir de Courbet
- Table [la] [chanté par Henri Franceschi]
- Tianan Men [hommage]
- Toussaint [la]
- Un amour de lumière [lu par Yohann Pardo, puis chanté par Henri Franceschi]*
- Un bruissement d’eau claire
- Une cécité visionnaire
- Une génération pour quoi ?
- Un poème bien tempéré
- Vers la plénitude
- Vie suspendue [La]
- Ville où d’autres vont mourir [La] mis en voix par Henri Franceschi
Pierre Perrin, La Table
[La souris ici pour les curieux du travail, une version initiale, en versets]
Auprès
du feu de cheminée, le corps aussi patiné que
le plateau de chêne à pleines mains saisi, dans
la musique elle se plante, ouverte jusqu’à terre,
la tête sous les poutres, pendant que les seins déjà
se calent sous les paumes caressantes de l’aimé.
Comme une flamme, entre les lèvres,
la langue dodeline, se dresse, s’assoupit, pète, éclate
en mille baisers. Un doigt cependant, puis deux, puis trois, plus fort,
en chaude gloire – le pouce agile sculpte un cri. Elle, à
hue, à dia, les cuisses plus tendues que des dormants à
l’œuvre, se coule et roule en boule, descend, remonte, fend
et refend le ciel. Elle exige maintenant que l’ascenseur du plaisir
l’habite tout entière.
Et l’œil aveugle qui faisait le beau, à frisotter,
bute, culbute et se coule à demi entre les touffes qui s’entremêlent,
tels des rosiers pleurant la sève, et l’on s’accroupit
au passage, on se redresse et l’on dirait des applaudissements,
quand soudain il dévale
Comme il ne cesse de grandir, bien qu’englouti, l’aimée
bat la mesure de ses boucles. Sous les ahans, une forêt brûle
dans les veines, les caresses s’exaspèrent, les amants arc-boutent
plus fort leurs racines. Et les corps emportés des talons aux sourcils
traversent la béatitude, tandis qu’expire la musique de l’étreinte
et, dans la cheminée, la braise lentement cède au sommeil
qui sourit.
Pierre Perrin, La
Vie crépusculaire, prix Kowalski de la ville de Lyon, Cheyne, 1996
Auprès
du feu de cheminée, le corps aussi patiné que
le plateau de chêne à pleines mains saisi, dans
la musique elle se plante, ouverte jusqu’à terre,
la tête sous les poutres, pendant que les seins déjà
se calent sous les paumes caressantes de l’aimé.
Comme une flamme, entre les lèvres,
la langue dodeline, se dresse, s’assoupit, pète, éclate
en mille baisers. Un doigt cependant, puis deux, puis trois, plus fort,
en chaude gloire – le pouce agile sculpte un cri. Elle, à
hue, à dia, les cuisses plus tendues que des dormants à
l’œuvre, se coule et roule en boule, descend, remonte, fend
et refend le ciel. Elle exige maintenant que l’ascenseur du plaisir
l’habite tout entière.
Et l’œil aveugle qui faisait le beau, à frisotter,
bute, culbute et se coule à demi entre les touffes qui s’entremêlent,
tels des rosiers pleurant la sève, et l’on s’accroupit
au passage, on se redresse et l’on dirait des applaudissements,
quand soudain il dévale
Comme il ne cesse de grandir, bien qu’englouti, l’aimée
bat la mesure de ses boucles. Sous les ahans, une forêt brûle
dans les veines, les caresses s’exaspèrent, les amants arc-boutent
plus fort leurs racines. Et les corps emportés des talons aux sourcils
traversent la béatitude, tandis qu’expire la musique de l’étreinte
et, dans la cheminée, la braise lentement cède au sommeil
qui sourit.
Pierre Perrin, La Vie crépusculaire, prix Kowalski de la ville de Lyon, Cheyne, 1996
Le poème mis en musique par Henri Franceschi [janvier 2026]
Devant le feu, l’amour soulevé du plateau,
Quatre jambes tendues, dans la musique offertes,
La nuque en métronome et les seins dans les mains,
Tout le corps se rameute, éclate en cent baisers.
Elle se coule et roule en boule ou fend le ciel.
L’aveugle à frisotter par la touffe éperdu,
Le voici englouti. L’aimée bat la mesure.
L’ascenseur du plaisir l’habite tout entière.
Sous les ahans, une forêt brûle en ses veines.
Quand les caresses s’exaspèrent, les amants
Arcboutés de sueurs, leurs racines s’emportent.
Des sourcils aux talons, sourd la béatitude.
Tandis qu’expire la musique de l’étreinte,
La braise éclaire un chœur entre leurs quatre bras.
et 12 entrées choisies
trimestrielle
